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10 juin 2008

Puisque tout est clair...

...eh bien continuons comme ça alors.

Je signale à Monsieur Patron que DOM THOM s'est rendue à l'infirmerie du ministère (ils ne peuvent rien prescrire, pas l'arrêter, rien faire, mais elle y va, ça lui fait une excuse... je sais qu'elle y est allée parce qu'en livrant les dossiers que j'ai fait toute seule comme une grande, je l'ai croisée dans trois couloirs différents à me dire "oh je vais pas bien je vais à l'infirmerie là"... et comme chacun sait le plus court chemin entre deux points, c'est les bureaux des copines).

Monsieur Patron me sort son laïus habituel sur "elle est pas bien, ça se voit qu'elle est pas bien", mais la commisération ne me touche plus. Chez moi, quand on est trop malade pour travailler, on ne fait pas sa mariole à passer des coups de fil aux copains toute la journée. Mais comme on l'a déjà établi, je me sais trop rétrograde sur le sujet.

Là où il m'a surprise, c'est quand il a attesté, devant moi, de ce que ça impliquait. Il a reconnu que ça nous compliquait passablement la vie. Et que sa participation à la vie du service était quasi-nulle (pourquoi quasi ?). Mais qu'elle refusait de se faire arrêter, et qu'il n'y pouvait rien. Elle sait qu'elle va perdre de l'argent, et qu'au bout d'un certain temps, elle ne touchera même plus son traitement et n'aura plus droit à ses avantages comme ses congés bonifiés, donc comme il ne veut pas la priver de revenus, il laisse faire.

Il me disait tout ça et j'hésitais entre me traiter intérieurement de monstre... et me dire que ça ne devrait pas être une raison pour permettre ce genre d'abus.

Non, en fait, ce qui me choque le plus, ce n'est pas qu'il sache que je bosse pour deux même quand elle est là, j'ai largement dépassé ce stade, ce qui me choque, c'est que personne ne semble se sentir coupable. Je fais des journées de 12h parce qu'elle ne fout rien, je rentre à la maison vers 22h en moyenne, et personne ne semble pris de remords de me voir travailler pour deux. Elle ne me dit pas "désolée de te laisser comme ça, hein, mais là je peux pas", elle ne cherche pas à atténuer le dérangement que provoquent ses coups de fil continuels (au contraire, elle laisse la porte ouverte et parle super fort, rit, engueule... comme si c'était à moi de m'adapter). Et lui ne me dit pas "je sais que ça vous retombe dessus", il n'atteste pas que ce n'est pas juste pour moi.

C'est ça qui me semble ahurissant. C'est que tout le monde voit bien ce qu'il en est, mais personne n'a le courage de me regarder et de dire : qu'est-ce que tu peux en chier à cause de cette situation !

Je ne demande rien d'autre : que quelqu'un reconnaisse que ce n'est pas normal pour moi. Qu'on fasse la faveur à DOM THOM de laisser courir pour ne pas lui bousiller la vie, je le conçois, mais qu'on presse le jus de la mienne sans même attester que ce n'est pas normal, ça me dépasse.

Et le plus fou c'est que je trouve le moyen, au lieu d'être profondément ulcérée, d'être super fière que personne ne semble s'apercevoir que je suis sur les rotules depuis 15 jours. J'espère juste que j'irai jusqu'au bout de mon contrat sans m'effondrer... allez, plus que deux mois.

16:22 Publié dans On s'aime | Lien permanent | Commentaires (3)