11 juin 2008

Bling-bling

J'entre chez Monsieur Patron et je le retrouve la tête sous le bureau.

Ok, ceux qui ont pensé "d'habitude c'est l'assistante qui passe sous le bureau", dehors. Sur ce blog, j'ai la totale exclusivté des blagues sexuelles éculées.

Il est en fait en train d'essayer de fouiller au fond du tiroir le plus bas de son caisson de bureau. Il me dit "le problème de ce tiroir, c'est que si on le tire un peu fort, il y a des objets qui tombent à l'arrière du caisson". Je lui propose mon aide qu'il refuse en poursuivant "Je ne sais pas ce qui est tombé là-bas au fond, mais ça a fait bling-bling."

J'ai ri. J'y peux rien, j'ai ri.

Vous ne devinerez jamais quel portrait trône très exactement juste au-dessus.

30 mai 2008

Sans vouloir déranger

Regard entendu et légèrement appuyé de Monsieur Patron qui contemple la liste de ce qu'il lui reste à faire, considérant qu'il est en réunion à partir de TOP maintenant jusqu'à 20h... "Bon, bah je vais venir travailler ce week end... il faudra que je rédige telle note..."

Et ça, ça veut dire syndrome du canal carpien pour lady, en langage Monsieur Patron. 

Ouais, alors, euh, bon, comment vous dire ça gentillement ? Disons simplement... voyons ?

MEME PAS EN REVE.

Ne me regardez pas comme ça. Ce n'est même pas la peine d'y penser. Pour une fois que j'ai un truc super sympa prévu ce week end (enfin j'espère que ce sera aussi sympa que prévu disons), alors là faut même pas espérer. Vous m'auriez dit ça la semaine dernière, j'aurais fait sauter quoi, la fête de mère ? L'anniversaire de mon père ? La belle affaire. Pas de soucis. Mais ce week end, rien du tout.

Non mais je sais bien que je suis casanière, que je sors pas trop, que j'ai des week ends de téléphage tendance geekette (ou l'inverse), qu'on se dit que je suis toujours de bonne volonté pour faire des heures et tout, mais là non, non et non, je vais pas annuler mes plans.

Non !

Non ? 

...? 

La DOM THOMisation de lady

Après une heure trente de réunion avec Dame Pintade ce matin, et en dépit d'une liste de choses à faire longue comme le bras, je suis au regret d'admettre que, oui, là j'ai une grosse envie de rien foutre.

C'est ptet aussi parce que j'ai fait une moyenne de 11h de travail par jour depuis lundi et que j'en ai un peu marre. Peut-être. 

Vocabulaire

Tout le monde ne parle pas forcément le Monsieur Patron.

En l'absence des savoureux verbatims de ma collègue au langage si fleuri, je vous propose donc, une fois n'est pas coutume, un petit dictionnaire Français-Patron. Voilà, c'est gratuit c'est cadeau ça fait plaisir.

Ces quelques phrases m'ont toutes été sorties ce matin pendant l'interminaaaaaable réunion où Dame Pintade était conviée, et où il fallait tout lui expliquer. Dix fois. Ce qui explique mes 90 bâillements à la minute. Cette réunion portait sur des documents rédigés par différents collaborateurs.

- "d'après les éléments communiqués par Machin" : j'ai un gros doute sur leur validité

- "Truc a insisté pour qu'on ajoute cette phrase" : il s'expliquera en réunion !

- "il a rédigé sa note avec la prudence d'un Sioux" : il n'a rien dans le futale

- "on ne met aucune donnée chiffrée" : nous n'avons rien dans le futale

- "mettez une mention en gras DOCUMENT DE TRAVAIL" : hop, je suis perché !

- "version non-stabilisée" : des décideurs s'empoignent encore à ce sujet 

- "version stabilisée" : des décideurs sont tombés d'accord, mais ils ne le savent pas encore

- "version définitive" : on en entend souvent parler, mais on n'en a jamais vu 

- "en cours de validation" : j'ai envoyé 35 mails et je n'ai aucune réponse

- "en cours de concertation" : j'ai envoyé un mail, si j'ai pas la réponse dans une heure, on boucle le dossier 

- "vous ferez un point avec Dame Pintade" : dites-lui, vous, moi j'en peux plus

- "c'est bien la dernière version en date ?" : hm, je changerais bien telle phrase

- "on refait un point lundi à 9h" : je sais que là on fait un point, mais en fait ça sert à rien du tout parce qu'il nous manque plein d'éléments

- "avec un peu de chance j'aurai fini ma note ce soir" : la sandwicherie au coin de la rue est-elle ouverte le dimanche ?

- "un petit dossier" : fin de la journée prévue vers 21h

- "il faudra que je rédige une rapide note" : lady, vous pensez pouvoir développer un syndrome du canal carpien dés 26 ans ?

Le vilain mot

Il y a deux jours, Monsieur Patron m'a donné une note très importante à taper qu'il a rédigée un soir, vers 22h, dont on voyait bien aux quelques fautes d'orthographe qu'elle avait nécessité un ultime effort avant l'évanouissement tant la fatigue se sentait dans la rédaction. Elle est importante, cette note, parce que c'est un peu notre ministre qui va l'utiliser en support pendant une réunion king size, quoi.

Je m'étonne d'y trouver un mot pas du tout politiquement correct. C'est pas malpoli, c'est pas insultant... c'est juste un mot que jamais un ministre n'utiliserait pour qualifier la chose, par exemple devant des journalistes, ou même en réunion avec 15 personnes dont les trois quarts seraient aussi ministres. Et donc c'est un mot qu'on ne va certainement pas écrire noir sur blanc non plus, même si, bon, c'est bien de ça qu'on parle, hein, simplement il faut s'en tenir au politiquement correct, et ne pas dire LE mot.

Mais je tape le tout et ne cherche pas à le faire remarquer. Je me dit juste "tiens, ce serait bizarre que ça se retrouve dans la version finale, un mot pareil... Ou alors il nous est poussé des c**illes récemment ?"

. . . 

Nous sommes donc deux jours plus tard, Monsieur Patron apporte quelques corrections à la note et... oh surprise : le mot est raturé avec rage et modifié en conséquence.

Des fois je me fais peur tellement j'ai compris le système. 

23 mai 2008

Je vais rester assise à mon bureau encore un petit moment...

Nous recevons très régulièrement des mails de hauts lieux de l'Etat (enfin, de la part des assistantes de ces hauts lieux, hein, faut rien exagérer) et je viens à peine de m'apercevoir que... DOM THOM n'est jamais en copie.

Moi, la petite vacataire qui n'étais pas là il y a six moi, si.

J'ai eu une érection mentale en voyant ça, je l'avoue... 

ladymnistration en été

Il semblerait... je dis bien il semblerait, que ladymnistration, qui devait prendre fin au 30 juin en même temps que mon contrat, soit prolongé de 3 mois !

Mais je sais que la véritable question que vous vous posez, c'est "y aura-t-il toujours DOM THOM ?!". En fait c'est ça, hein, vous l'aimez plus que moi... Nan, nan, mais ça va, j'ai compris. J'irai fêter ma prolongation de contrat avec d'autres, et puis c'est tout.

16 mai 2008

Indiana Jones, cet amateur

La responsable logistique nous fait visiter, à Monsieur Patron et à moi, nos nouveaux bureaux (oui parce que ya quand même quelqu'un qui sait où ça se trouve, dans ce ministère).

Nous sommes au 2e étage, nous déménageons au 6e... jusque là ça parait simple. Mais c'est dans un autre bâtiment. Attenant, sinon c'est pas drôle. Attention, visite guidée...

Pour commencer nous descendons d'un demi étage, pour remonter d'un quart d'étage (nous entendant dire "là on descend au second étage"), on travers un couloir coudé, on prend un ascenseur pour descendre, on se retrouve au rez-de-chaussée, on traverse une cour, on prend à gauche dans le hall, ascenseur jusqu'au 5e, ensuite on traverse un couloir, on tourne à gauche, et là on nous annonce "on n'a plus qu'à monter d'un étage"... on descend d'un demi étage, on remonte d'un étage dans un autre escalier en U... et là, couloir minuscule où il faut pas avoir un demi-kilo en trop, sur 10 bons mètres, et tadaaaaaam !

Je résilie donc de suite mon abonnement au club de gym, j'ai trouvé moins cher.

La bonne nouvelle, c'est que les bureaux sont grands, la très bonne nouvelle, c'est qu'on a vue sur le parc du ministre, l'excellente nouvelle... c'est qu'on aura un bureau chacun ! DOM THOM pourra passer ses coups de fil persos à longueur de journée dans un bureau fermé (dixit Monsieur Patron "si elle revient, elle sera bien là, elle qui aime travailler au calme"... travailler, oui, bien-sûr ça doit être ça), et moi je serai royalement dans un magnifique espace refait à neuf, avec vue directe sur qui entre et qui sort du bureau (je déteste passer un appel pour m'apercevoir au bout de 10 sonneries que Monsieur Patron est sorti...), deux fois la taille du bureau actuel et pour moi toute seule cette fois ! Le pieeeed !

Rha c'est trop bête que ça nous arrive à un mois et demi de la fin de la mission... Comme quoi, ya pas que DOM THOM qui marche sur la tête dans l'administration. 

Ce qui est dingue c'est qu'en gentille petite assistante candide, je m'étais surprise à fantasmer ya quelques semaines sur l'éventuelle possibilité que, quand Monsieur Patron serait réaffecté à une autre mission, il me ferait une belle déclaration genre "vous êtes une assistante super, je veux que vous restiez à mon service", il m'aurait embarquée dans son nouveau secrétariat et j'aurais dû planifier le déménagement de ses affaires. Bon, bah j'y étais presque ! C'est tout pareil... sans la prolongation de contrat. Merdouille.

La bonne nouvelle du jour

Monsieur Patron me dit "je viens de recevoir un mail, le cabinet de M. Bidule doit s'agrandir de deux bureaux... ce sont les nôtres. On déménage en début de semaine prochaine".

On est vendredi, hein.

"Je ne sais pas où sont les bureaux en question, appelez la gestionnaire". Mais la gestionnaire a reçu exactement le même mail et n'en sait pas plus que nous.

On est vendredi, hein.

Je n'ai aucun carton pour emballer nos dossiers, il faut déménager les lignes téléphoniques, les PC et les meubles...

On est vendredi, hein.

C'est normal que je panique ?

Note : ce qui me décommagerait de mon stress soudain, ce serait que lundi, à 10h30/11h comme elle en a l'habitude, DOM THOM arrive comme une fleur... dans un bureau que nous n'occuperions plus. Ca, ce serait jouissif. 

13 mars 2008

Le jour le plus long

Lundi - 21h15

Mardi - 19h00

Mercredi - 20h15

Quand Monsieur Patron a déclaré hier soir et aujourd'hui, qu'on n'allait pas rester tard ce jeudi soir, j'avoue que j'ai ressenti un certain soulagement.

Mais quand je l'entends au téléphone dire à un collègue "Bon, vous me passez la fiche avant 21h30, hein ?", je me dis que je me suis peut-être réjouie un peu vite lorsque je me suis imaginée en train d'aller acheter ce livre qui me fait rêver depuis deux semaines, dans cette librairie qui ferme à 19h... A mon avis je fantasmais un peu, sur ce coup.

Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : si DOM THOM avait été là, ça n'aurait pas du tout été garanti que je puisse y aller pour autant.

Tant pis, il faut croire que je devrai me tirer du lit un samedi, sans doute... 

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