26 novembre 2008
Qui suis-je ?
Faire une nuit de 4 heures parce qu'un chat est malade, 5 euros de lessive.
S'acheter un sachet de Babybel sur le chemin du boulot parce qu'on n'a pas eu le temps de déjeuner, 4 euros (c'est un quartier cher).
Une boîte de paracétamol 1g parce qu'on a bêtement oublié ses médicaments contre la migraine, 5 euros.
Le visage d'Alpha Blondie qui se plante copieusement devant moi, ça n'a pas de prix.
Un homme politique très, genre très connu se présente dans notre bureau. Je pensais qu'elle l'avait reconnu parce que son ton s'est adouci comme c'est pas permis. Elle a dû en tous cas s'apercevoir qu'il était connu, mais pas "le remettre", comme on dit, parce qu'une fois qu'il a eu exposé sa demande (techniquement on ne bosse pas pour lui mais, hein, vous voyez le genre), elle lui propose de lui envoyer les documents voulus sur son mail.
Et là, c'est le drame.
"Et euh, votre nom, c'est...?"
Et là, l'homme politique hyper connu avec une carrière d'au moins, allez, au bas mot, 25 ans de long, qui a été très médiatisé en son temps... que même moi qui ne m'intéresse que modérément à la politique, je connais... a dû faire ce qu'il n'a probablement plus fait depuis des années... Il a décliné son identité.
Et la blonde s'est mise à fumer de rage contre elle-même, et sans doute d'autant plus que ça s'est passé devant moi.
PS : ce monsieur tient donc un nouveau record en matière d'huiles croisées depuis mon arrivée dans la fonction publique. Bon, prochaine étape, le ministre. Zut alors, ça fait trois mois que je bosse à dix mètres de son bureau, et toujours rien ! J'ai beau lorgner quand je passe à son secrétariat tous les soirs, rien de rien... un peu la honte.
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24 novembre 2008
Devant témoins
C'est la troisième fois qu'elle fait le coup.
Blondie commence par m'annoncer qu'il y a tel évènement qui se déroule tel jour, et que, attention, c'est elle qui s'en occupe, je ne regarde pas, je ne touche pas, rien, c'est à elle, vous comprenez, son précieux !
Bon. Soit. Si ça lui fait plaisir.
Une heure plus tard elle glisse qu'elle n'est pas là... le jour où se déroule l'évènement. Donc qui va galérer ce jour-là parce que Blondie aura tout géré en solo, et que comme par hasard des merdes vont tomber au dernier moment ? Je vous laisse deviner.
Comme ça, on est sûrs que lady va faire des boulettes. Avec des dizaines de journalistes comme témoins, par-dessus le marché.
14:27 Publié dans Alpha Blondie | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
14 novembre 2008
C'est la politique, baby !
Patrons Invisibles, c'est le nom de la rubrique que je voulais consacrer aux conseillers qu'on ne voit jamais. Mais comme on ne les voit jamais...
Par contre, étrangement, on voit pas mal les conseillers des autres services.
Ce qui n'est pas étranger à la présence de la panière glucidique dans notre bureau, pour tout vous dire.
Ce midi, quand je suis arrivée, c'était un peu la folie. En plus, Blondie a entrepris de déjeuner dans son bureau (ô joie), donc je suis restée dans mon coin sans me faire remarquer, studieuse et bien appliquée.
Et puis, quand elle a filé chaparder une cannette de Cocu Colu dans le frigo des patrons, j'ai vite fait ajouté un sac plein de fraises Tugudu dans la panières - ma contribution hebdomadaire.
Je préfère faire ça à l'abris des regards : depuis la gueulante de la semaine dernière, je me dis que le faire de façon trop ostensible pourrait être interprété comme une tentative de léchage de bottes, voire même comme une provocation (Blondie l'a bien mal pris quand je lui ai fait des compliments sur sa ligne alors, bon, la prudence est de mise maintenant). D'un autre côté, ne pas contribuer alors que, comme tout le monde, il m'arrive de piocher dedans (quoique, cette semaine, si je l'avais fait j'aurais tout rendu aussi sec, mais c'est une autre affaire), ce serait encore pire.
Donc je complète la panière dans l'ombre, mais tout de même.
L'un des conseillers voisins nous rend visite tout-à-l'heure, et pioche dans mes fraises Tugudu qui débordent de la panière. A pleine poignée. Et dit "ah je n'achète pas des bonbons pour la panière pour rien !".
Là-dessus Blondie ricane : "ah, vous avez vu comment il est ? Il achète des trucs mais c'est lui qui mange tout !"
Ok, mon sac de bouteilles de Cocu Colu acidulées que je gardais pour la semaine prochaine, je le verse dans la panière devant témoins, la prochaine fois.
C'est ça de bosser avec des hommes politiques. On n'a jamais le crédit de ses bonnes oeuvres.
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13 novembre 2008
3 sur 4 c'est déjà pas mal
Il y a certaines personnes dans ce ministère qui, comment dire ? Nous permettent de respirer en cas de grosse panique.
Ces personnes sont : les huissiers, qui trimbalent notre courrier dans les couloirs à la vitesse de l'éclair et sur demande, les hôtesses, qui filtrent les visiteurs et les font patienter quand on ne saurait quoi en faire, les services techniques, qui nous permettent d'avoir tout le matos qu'on veut, quand on veut, où on veut, et en état de marche, et la régulation, qui met à notre disposition des voitures avec et sans chauffeur pour le moindre déplacement de conseiller, sans qu'on ait besoin de faire appel à un taxi qui prendrait son temps et nous coûterait un bras.
Sans ces 4 pilliers, la vie serait probablement un Enfer d'organisation tâtillonne.
Blondie au téléphone, parlant à la régulation, il y a quelques minutes, ça donnait ça en Blondie dans le texte : "Ah, vous me rappelez sans que j'aie à vous relancer ! Vous êtes enfin devenu professionnels ?!".
Bon, disons, plus que 3 pilliers, alors.
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06 novembre 2008
I'm so outta here
Oh yeah.
Ca n'a pas été facile de voir le conseiller principal. Et une fois ceci fait, de parvenir à retenir son attention entre deux (disons plutôt dix) coups de téléphone.
J'aime beaucoup les conseillers de ce service. Mais de toute évidence (et à cet égard ils me rappellent un peu Monsieur Patron), ils sont un peu transparents en termes de gestion du personnel.
Il avait "entendu dire" que ça ne s'était pas bien passé hier. Oui, il est surtout passé juste devant le bureau quand ça criait ! Il a dû surtout entendre hurler que ça ne s'était pas bien passé.
Il a dit qu'il ne me forcerait pas à rester, qu'il ne voulait pas que je vienne travailler avec une boule au ventre. Qu'il comprenait.
Et je me suis dit : vous n'avez pas l'air de comprendre que je suis la deuxième personne en un an à m'enfuir.
Et que je ne serai pas remplacée.
Mais bon, dans quelques jours, ce ne sera plus mon problème. Mercredi je dois dire à la responsable qui m'a dorlotté pendant ces temps de crises (on est quand même bien reçus dans ce ministère !) quels postes m'intéressent, on organisera une ou deux entrevue, et je ferai mes valises.
Et sans larme à l'oeil, cette fois.
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Courage
Résumé des épisodes précédents : hier, Blondie m'annonce qu'il va falloir avoir une discussion entre 3 paires d'yeux. C'est là que vous vous étiez arrêtés, je crois.
Eh bien la discussion a, comment dire ? Eté mouvementée ! Elle s'est mise à m'aboyer après, furieusissime de m'être plainte, m'a mise plus bas que terre en me disant que je n'en avais rien à foutre de mon boulot, que je ne m'y intéressais pas, que je ne m'y impliquais pas (moi !), et après avoir tenté de faire preuve de diplomatie pendant un instant, j'ai tout simplement... eh bien, répondu.
Et ça a hurlé.
Et c'était odieux (de son côté de mauvaise foi, du mien de rancoeur accumulée). Ca criait, et les conseillers passaient d'un air désolé, sans rien dire, devant la porte, et au milieu de tout ça Duracel tentait d'apaiser les choses mais il fallait que ça sorte, de part et d'autre. Et c'est sorti.
Je suis sortie de là furieuse, blessée et tremblante. Je suis allée voir la responsable du personnel. J'ai demandé à partir pour un autre poste. Elle m'a dit de voir ça avec le conseiller principal cet aprem. S'il me laisse partir, elle me parlera des postes disponibles. S'il ne me laisse pas partir, elle convoquera Blondie.
Dans tous les cas, il y a une solution.
Le coeur brisé, lourd, meurtri parce que ce travail devait changer ma vie et qu'au lieu de ça... je suis rentrée chez moi et j'ai broyé du noir pendant des heures. J'ai hurlé après mes chats parce qu'ils avaient vidé le frigo. Je me suis détestée d'avoir cru que les choses s'arrangeraient juste à cause d'un travail.
Ce midi en arrivant, j'ai contemplé l'escalier qui me séparait de notre bureau, désespérée d'avoir à y retourner. Et au moment où j'allais pousser un soupir à fendre l'âme, une conseillère du service d'à côté est descendue, m'a pris l'épaule et m'a dit : "c'est bien ce que vous avez fait, vous avez du courage. Il faut qu'elle comprenne qu'elle ne peut pas agir comme ça." Elle m'a appris deux ou trois choses sur la personne qui avait mon poste avant moi.
A la suite de quoi, cette personne en question est arrivée, m'a serrée dans ses bras, et m'a dit exactement la même chose, et qu'elle, elle n'avait rien dit pendant un an avant de réussir à partir, que j'avais bien eu raison de ne pas me laisser faire.
Et que je n'étais pas seule.
Ca ne dénoue ni ma gorge ni mon estomac, mais, enfin, c'est une petite consolation quand même. Maintenant je sais me défendre... dans le fond j'ai progressé en 20 ans.
Cet après midi, je vais aller voir le conseiller principal. Et tout finira forcément par aller mieux.
14:24 Publié dans Alpha Blondie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05 novembre 2008
Cafight
"lady, tu peux rester un peu à 13h ?
- Bien-sûr...
- Il faudra qu'on se fasse une réunion toutes les trois."
Waï. Va yavoir de la baston.
09:30 Publié dans Alpha Blondie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04 novembre 2008
Qu'a fait Prunille aujourd'hui ?
Aaaaaah, ça nous manquait ! Une flemmarde, une vraie ! J'ai bien cru que j'avais atterri dans le privé ! (ouh le vilain cliché... mais j'ai le droit maintenant que je suis quasiment fonctionnaire aussi)
Premier portrait de cette nouvelle ère : Prunille.
Prunille a un prénom fruité, sucré... pour assortir à son parfum. En fait c'est un prénom d'emprunt mais Prunille trouve ça hyper cool d'avoir un nom qui se mange en dessert. C'est vrai que quand on voit son vrai prénom...
Prunille est arrivée dans le service en même temps que moi, sauf qu'elle bénéficie du statut de conseillère qui veut dire, grosso-modo, qu'elle doit bosser d'arrache-pied environ 15h par jour et qu'elle est corvéable à merci le weekend. Bon en pratique, ça ne vaut que pour les autres conseillers (autrement dit mes patrons), parce qu'il arrive qu'elle décide de travailler de chez elle toute une journée... c'est ça, ouais...
Prunille connaît le patron de mes patrons, Monsieur Boléro, personnellement, et c'est grâce à lui qu'elle a eu le poste. Techniquement elle devrait en référer au conseiller principal du service, mais en vrai elle papote directement avec Monsieur Boléro. Et, non, ça n'a rien à voir avec le fait qu'elle entre dans du 36...
Prunille a passé ses deux premières semaines à nous dire qu'elle voulait être abonnée à la presse. Normal, faut se tenir informée quand on occupe un poste important. Juste un truc : ses publications à elle, c'est Paris Match et Gala. Tant mieux, il restera plus d'exemplaires du Monde pour les autres conseillers...
Prunille s'est réveillée au bout de trois/quatre semaines, pour dire qu'il FALLAIT qu'elle soit présente à toutes les réunions du service. Sauf que les réunions commencent tôt le matin et finissent tard, et bizarrement à ce moment-là elle a toujours des réunions à l'extérieur...
Prunille, on ne sait pas trop ce qu'elle a fait les deux premiers mois. Pour tout dire Blondie n'avait même pas le droit d'ajouter des rendez-vous sur son agenda. Et puis la semaine dernière, on s'est fait livrer du mobilier pour redécorer le hall d'entrée et on a compris...
Prunille, les seuls rendez-vous qu'elle nous demande de caler, c'est avec des femmes journalistes dans des petits restos super sympas... thailandais notamment, on y fait les meilleures réunions de travail...
Prunille, quand elle repère quelqu'un qu'elle connaît, elle commence par lui expliquer que hein, t'as vu où je travaille, dis, t'as vu ? Dis-le à Machin aussi, il doit pas le savoir. Et à l'instant, son interlocuteur lui a répondu avec un petit rire : "mais tout le monde sait où tu travailles"...
Prunille, parfois quand même, elle passe des appels. Elle parle fort pour qu'on voit bien qu'elle est très occupée. Parfois même elle s'énerve. C'est vrai ça, merde, si on ne peut plus compter sur son garagiste...
Prunille, elle ne reçoit pas de courrier, n'a jamais besoin de nous donner quoi que ce soit à faire, mais elle est toujours overoccupée. Ah si, pardon, elle a reçu un devis de son garagiste aujourd'hui. Bon, au moins ça s'arrange...
Ah Prunille ! Heureusement qu'elle n'est pas fonctionnaire ! Ca nous donnerait une sale réputation ça encore !
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