« 2008-04 | Page d'accueil
| 2008-06 »
30 mai 2008
Sans vouloir déranger
Regard entendu et légèrement appuyé de Monsieur Patron qui contemple la liste de ce qu'il lui reste à faire, considérant qu'il est en réunion à partir de TOP maintenant jusqu'à 20h... "Bon, bah je vais venir travailler ce week end... il faudra que je rédige telle note..."
Et ça, ça veut dire syndrome du canal carpien pour lady, en langage Monsieur Patron.
Ouais, alors, euh, bon, comment vous dire ça gentillement ? Disons simplement... voyons ?
MEME PAS EN REVE.
Ne me regardez pas comme ça. Ce n'est même pas la peine d'y penser. Pour une fois que j'ai un truc super sympa prévu ce week end (enfin j'espère que ce sera aussi sympa que prévu disons), alors là faut même pas espérer. Vous m'auriez dit ça la semaine dernière, j'aurais fait sauter quoi, la fête de mère ? L'anniversaire de mon père ? La belle affaire. Pas de soucis. Mais ce week end, rien du tout.
Non mais je sais bien que je suis casanière, que je sors pas trop, que j'ai des week ends de téléphage tendance geekette (ou l'inverse), qu'on se dit que je suis toujours de bonne volonté pour faire des heures et tout, mais là non, non et non, je vais pas annuler mes plans.
Non !
Non ?
...?
16:10 Publié dans Note de service | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
La DOM THOMisation de lady
Après une heure trente de réunion avec Dame Pintade ce matin, et en dépit d'une liste de choses à faire longue comme le bras, je suis au regret d'admettre que, oui, là j'ai une grosse envie de rien foutre.
C'est ptet aussi parce que j'ai fait une moyenne de 11h de travail par jour depuis lundi et que j'en ai un peu marre. Peut-être.
15:06 Publié dans Note de service | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Vocabulaire
Tout le monde ne parle pas forcément le Monsieur Patron.
En l'absence des savoureux verbatims de ma collègue au langage si fleuri, je vous propose donc, une fois n'est pas coutume, un petit dictionnaire Français-Patron. Voilà, c'est gratuit c'est cadeau ça fait plaisir.
Ces quelques phrases m'ont toutes été sorties ce matin pendant l'interminaaaaaable réunion où Dame Pintade était conviée, et où il fallait tout lui expliquer. Dix fois. Ce qui explique mes 90 bâillements à la minute. Cette réunion portait sur des documents rédigés par différents collaborateurs.
- "d'après les éléments communiqués par Machin" : j'ai un gros doute sur leur validité
- "Truc a insisté pour qu'on ajoute cette phrase" : il s'expliquera en réunion !
- "il a rédigé sa note avec la prudence d'un Sioux" : il n'a rien dans le futale
- "on ne met aucune donnée chiffrée" : nous n'avons rien dans le futale
- "mettez une mention en gras DOCUMENT DE TRAVAIL" : hop, je suis perché !
- "version stabilisée" : des décideurs sont tombés d'accord, mais ils ne le savent pas encore
- "version définitive" : on en entend souvent parler, mais on n'en a jamais vu
- "en cours de validation" : j'ai envoyé 35 mails et je n'ai aucune réponse
- "en cours de concertation" : j'ai envoyé un mail, si j'ai pas la réponse dans une heure, on boucle le dossier
- "vous ferez un point avec Dame Pintade" : dites-lui, vous, moi j'en peux plus
- "c'est bien la dernière version en date ?" : hm, je changerais bien telle phrase
- "on refait un point lundi à 9h" : je sais que là on fait un point, mais en fait ça sert à rien du tout parce qu'il nous manque plein d'éléments
- "avec un peu de chance j'aurai fini ma note ce soir" : la sandwicherie au coin de la rue est-elle ouverte le dimanche ?- "un petit dossier" : fin de la journée prévue vers 21h
- "il faudra que je rédige une rapide note" : lady, vous pensez pouvoir développer un syndrome du canal carpien dés 26 ans ?
13:35 Publié dans Note de service | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Le vilain mot
Il y a deux jours, Monsieur Patron m'a donné une note très importante à taper qu'il a rédigée un soir, vers 22h, dont on voyait bien aux quelques fautes d'orthographe qu'elle avait nécessité un ultime effort avant l'évanouissement tant la fatigue se sentait dans la rédaction. Elle est importante, cette note, parce que c'est un peu notre ministre qui va l'utiliser en support pendant une réunion king size, quoi.
Je m'étonne d'y trouver un mot pas du tout politiquement correct. C'est pas malpoli, c'est pas insultant... c'est juste un mot que jamais un ministre n'utiliserait pour qualifier la chose, par exemple devant des journalistes, ou même en réunion avec 15 personnes dont les trois quarts seraient aussi ministres. Et donc c'est un mot qu'on ne va certainement pas écrire noir sur blanc non plus, même si, bon, c'est bien de ça qu'on parle, hein, simplement il faut s'en tenir au politiquement correct, et ne pas dire LE mot.
Mais je tape le tout et ne cherche pas à le faire remarquer. Je me dit juste "tiens, ce serait bizarre que ça se retrouve dans la version finale, un mot pareil... Ou alors il nous est poussé des c**illes récemment ?"
. . .
Nous sommes donc deux jours plus tard, Monsieur Patron apporte quelques corrections à la note et... oh surprise : le mot est raturé avec rage et modifié en conséquence.
Des fois je me fais peur tellement j'ai compris le système.
13:17 Publié dans Note de service | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
29 mai 2008
De guerre lasse
Monsieur Patron qui jusque là s'y était toujours scrupuleusement tenu (y compris quand DOM THOM est partie en congés pour trois semaines) a cessé de mettre ma collègue en copie.
En même temps c'est vrai qu'on ne sait toujours pas quand elle revient... si elle revient.
16:11 Publié dans On s'aime | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
27 mai 2008
La pintade contaminée
Dans Une Nounou d'Enfer, série qui est mon inspiration depuis 15 ans maintenant (sic), il y a un épisode où Fran, tentant de paraître pour la femme du monde qu'elle n'est pas, parle de sa très bavarde mère en ces mots "Quand elle tient un crachoir, elle le tient !". Je revois le port de tête élégant de Fran tandis qu'elle tient ces propos qui sont, eux, fort peu élégants, et immédiatement je pense à Madame M.
Combien cette scène me fait penser à elle ! En fait je prononce ces mots à voix basse chaque fois qu'elle m'appelle.
C'est complètement le genre de nana qui est trop sous pression, qui probablement doit l'être depuis plusieurs mois, et dont on sent que le cerveau tente de bouillonner tant bien que mal pour tenir le rythme.
Mais du coup, c'est assez infernal de l'avoir au téléphone ou, pire encore, de tenir une réunion avec elle (ça m'est arrivé encore la semaine dernière, c'est très désagréable), parce qu'elle vous détaille l'intégralité du cheminement qui lui permet de vous répondre, et c'est très long. Et c'est plein de mots. Et elle-même a du mal à se suivre. Et en général vous savez déjà la fin de la phrase pendant qu'elle n'en est qu'au milieu parce que vous n'en êtes pas à son stade d'épuisement et/ou de panique.
Evidemment, on ne peut pas lui reprocher d'être à bout (ou en tous cas d'en avoir l'air, ya aussi des gens dont c'est la nature d'être toujours dépassés par tout), mais ça reste quand même très frustrant de devoir palabrer 20mn avec elle pour obtenir une réponse simple (en général, un "oui" ou un "non" suffiraient) pendant qu'autour de vous, qui êtes en pleine possession de vos moyens et qui avez mille choses à faire, vous voyez les téléphones clignoter de partout, les mails continuer d'arriver sans pouvoir vous y consacrer, Monsieur Patron qui pointe le bout de son nez toutes les 10mn et ne s'aperçoit qu'une fois qu'il a expliqué ce qu'il voulait que vous lui faites désespérément signe que vous êtes au téléphone et que vous arrivez dans une minute... En gros, votre cerveau fonctionne à vitesse normale ce qui est la seule chose qui vous permet de ne pas passer vos week ends sur place, et vous êtes obligé de vous caler sur le rythme de la pintade chaque fois que votre dimension entre en collision avec la sienne.
C'est un peu comme Q qui entrerait en contact avec l'humanité au temps des cavernes. Le choc de deux espace-temps.Bref elle, elle est paniquée, stressée et lente à la détente, et du coup, vous qui avez l'habitude d'être speed et d'être surbookée, vous finissez pas stresser aussi et avoir l'impression d'être dépassée. Mais la vérité c'est que si Madame M, avec ses yeux qui roulent dans tous les sens et son long cou fait de peau fripée, était encore capable de synthétiser ses réponses, vous n'auriez aucun problème de gestion de temps.
Madame M est donc porteuse du virus "stress" dont elle contamine tout le monde. Maintenant que je travaille plus souvent avec elle, je comprends mieux pourquoi sa collègue, avec qui elle partage dossiers et bureau, se prend si souvent des jours de congés/RTT/récupération ce qui avait le don de m'énerver quand c'était la collègue notre contact, et pas encore Madame M. Moi aussi je m'échapperais aussi souvent que possible si j'étais enfermée entre quatre murs avec la pintade contaminée.
11:41 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
26 mai 2008
L'apprenti col blanc
En l'absence de DOM THOM, vous comprenez bien que je m'ennuie, n'ayant plus sous les yeux de quoi me divertir. Alors je vais tenter l'ouverture d'une nouvelle rubrique de portraits... Parce qu'il n'y a pas que DOM THOM qui mérite qu'on parle d'elle dans ce ministère !
Ainsi, la semaine dernière, j'ai rencontré Monsieur D, à l'occasion d'une réunion qui se déroulait juste après notre déménagement. Je devais donc aller chercher les participants à cette réunion devant l'ancien bureau de Monsieur Patron, puisque personne ne savait où nous logions depuis 24h à peine, et emmener tout une ribambelle de directeurs, de chargés de projets et autres personnages manifestement importants, dans de longs couloirs et escaliers pour les guider vers le nouveau théâtre de nos opérations. Tout un programme...
Monsieur D est arrivé très en avance. Il flippait un peu. Il s'inquiétait de voir le bureau de Monsieur Patron entièrement vide. On peut même dire à ce stade qu'il paniquait.
Monsieur D est le collaborateur de l'un de nos plus importants interlocuteurs dans une direction très concernée par notre travail. C'est d'ordinaire le supérieur direct de Monsieur D qui assiste à nos réunions, mais cette semaine-là, il était en déplacement à l'étranger. Monsieur D a donc pris la relève tant bien que mal. Connaître les dossiers ? Oui. Les maîtriser ? Pas forcément.
D'ordinaire, en tant qu'assistante de Monsieur Patron, les gens que je croise sont tous drapés dans une magnifique assurance de leurs compétences et leurs attributions. Ce sont des gens importants qui font des choses importantes, et qui le savent. Un peu comme lorsqu'un mec sait qu'il est consommable, quoi ; même quand ils sont humbles, ils ont une certaine aisance.
Monsieur D, pas du tout. Monsieur D me posait plein de questions. Il avait l'air de vouloir être rassuré. Mais le plus étonnant c'était la façon si ouverte qu'il avait de me dire très clairement qu'il n'était pas du tout à l'aise avec cette réunion, ni avec les dossiers sur lesquels il remplaçait son supérieur au pied levé, ni sur certains points très spécifiques de ces dossiers, ni sur le fait qu'il était manifestement très angoissé par le fait qu'on ait déménagé presqu'en un week end.
Monsieur D travaillait sur le terrain il n'y a pas si longtemps ; toutes ces histoires administratives, ces réunions de deux heures, et ces lourds dossiers à potasser puis discuter avec un air docte, ça le dépassait un peu.
Il avait nettement besoin d'une tape sur l'épaule.
J'ai trouvé ça très mignon, la façon dont il montrait sa vulnérabilité et avouait si facilement ce qu'il ressentait. C'était touchant de voir ses yeux clairs tourner dans tous les sens comme s'il cherchait quelque chose à quoi se raccrocher, ses balbutiements et ses sourires contrits. On avait vraiment envie de le consoler de tous ses tracas, sur le coup. Mais je ne pouvais pas m'empêcher de me dire aussi que, quand même, quand on a certains responsabilités (même seulement en interim), on essaye de maintenir une certaine image, même auprès des assistantes, sinon on se fait bouffer tout cru.
Peut-être que ce moment n'a existé que pour moi, que là, que dans ce bureau entièrement vide... Peut-être qu'ensuite il a repris du poil de la bête et a fait bonne figure sans laisser transparaître ses hésitations. Peut-être qu'en cet instant précis, il a livré quelque chose que nul autre ne savait. Peut-être qu'il s'est ouvert une fois et une seule avant de reprendre du courage. Peut-être que personne (hormi vous, cher lecteur) ne saura jamais à quel point Monsieur D était terrifié par ses nouvelles attributions.
Quelques jours plus tard, j'ai rappelé Monsieur D pour lui passer une communication avec Monsieur Patron. Il m'a immédiatement reconnue au téléphone, et quand je lui ai demandé comment il allait, il m'a répondu, gêné : "ça irait mieux si votre patron ne m'appelait pas". J'ai souri gentillement et ai essayé de plaisanter : "Allons, allons, je vais faire comme si je n'avais rien entendu ! Courage !" et je lui ai transmis la communication. Pauvre petit poussin. Ca finira rôti tout ça...Monsieur D, si vous avez besoin d'un autre hug téléphonique (et ce, même si votre supérieur est rentré à présent), mon numéro interne est le 7XXXX !
12:43 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
Commisération
"Vous savez, DOM THOM, elle va pas bien, pas bien du tout... idéalement ils devraient la garder à l'hôpital plusieurs semaines mais... bon... Enfin, on la reverra peut-être."
Zêtes d'une crédulité, Monsieur Patron, c'est effrayant.
Ou bien c'est moi qui suis cynique ?
11:05 Publié dans On s'aime | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
23 mai 2008
Je vais rester assise à mon bureau encore un petit moment...
Nous recevons très régulièrement des mails de hauts lieux de l'Etat (enfin, de la part des assistantes de ces hauts lieux, hein, faut rien exagérer) et je viens à peine de m'apercevoir que... DOM THOM n'est jamais en copie.
Moi, la petite vacataire qui n'étais pas là il y a six moi, si.
J'ai eu une érection mentale en voyant ça, je l'avoue...
16:01 Publié dans Note de service | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
ladymnistration en été
Il semblerait... je dis bien il semblerait, que ladymnistration, qui devait prendre fin au 30 juin en même temps que mon contrat, soit prolongé de 3 mois !
Mais je sais que la véritable question que vous vous posez, c'est "y aura-t-il toujours DOM THOM ?!". En fait c'est ça, hein, vous l'aimez plus que moi... Nan, nan, mais ça va, j'ai compris. J'irai fêter ma prolongation de contrat avec d'autres, et puis c'est tout.
14:43 Publié dans Note de service | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


