Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

mardi, 27 mai 2008

La pintade contaminée

Dans Une Nounou d'Enfer, série qui est mon inspiration depuis 15 ans maintenant (sic), il y a un épisode où Fran, tentant de paraître pour la femme du monde qu'elle n'est pas, parle de sa très bavarde mère en ces mots "Quand elle tient un crachoir, elle le tient !". Je revois le port de tête élégant de Fran tandis qu'elle tient ces propos qui sont, eux, fort peu élégants, et immédiatement je pense à Madame M.

Combien cette scène me fait penser à elle ! En fait je prononce ces mots à voix basse chaque fois qu'elle m'appelle.

C'est complètement le genre de nana qui est trop sous pression, qui probablement doit l'être depuis plusieurs mois, et dont on sent que le cerveau tente de bouillonner tant bien que mal pour tenir le rythme.

Mais du coup, c'est assez infernal de l'avoir au téléphone ou, pire encore, de tenir une réunion avec elle (ça m'est arrivé encore la semaine dernière, c'est très désagréable), parce qu'elle vous détaille l'intégralité du cheminement qui lui permet de vous répondre, et c'est très long. Et c'est plein de mots. Et elle-même a du mal à se suivre. Et en général vous savez déjà la fin de la phrase pendant qu'elle n'en est qu'au milieu parce que vous n'en êtes pas à son stade d'épuisement et/ou de panique.

Evidemment, on ne peut pas lui reprocher d'être à bout (ou en tous cas d'en avoir l'air, ya aussi des gens dont c'est la nature d'être toujours dépassés par tout), mais ça reste quand même très frustrant de devoir palabrer 20mn avec elle pour obtenir une réponse simple (en général, un "oui" ou un "non" suffiraient) pendant qu'autour de vous, qui êtes en pleine possession de vos moyens et qui avez mille choses à faire, vous voyez les téléphones clignoter de partout, les mails continuer d'arriver sans pouvoir vous y consacrer, Monsieur Patron qui pointe le bout de son nez toutes les 10mn et ne s'aperçoit qu'une fois qu'il a expliqué ce qu'il voulait que vous lui faites désespérément signe que vous êtes au téléphone et que vous arrivez dans une minute... En gros, votre cerveau fonctionne à vitesse normale ce qui est la seule chose qui vous permet de ne pas passer vos week ends sur place, et vous êtes obligé de vous caler sur le rythme de la pintade chaque fois que votre dimension entre en collision avec la sienne.

C'est un peu comme Q qui entrerait en contact avec l'humanité au temps des cavernes. Le choc de deux espace-temps.

Bref elle, elle est paniquée, stressée et lente à la détente, et du coup, vous qui avez l'habitude d'être speed et d'être surbookée, vous finissez pas stresser aussi et avoir l'impression d'être dépassée. Mais la vérité c'est que si Madame M, avec ses yeux qui roulent dans tous les sens et son long cou fait de peau fripée, était encore capable de synthétiser ses réponses, vous n'auriez aucun problème de gestion de temps.

Madame M est donc porteuse du virus "stress" dont elle contamine tout le monde. Maintenant que je travaille plus souvent avec elle, je comprends mieux pourquoi sa collègue, avec qui elle partage dossiers et bureau, se prend si souvent des jours de congés/RTT/récupération ce qui avait le don de m'énerver quand c'était la collègue notre contact, et pas encore Madame M. Moi aussi je m'échapperais aussi souvent que possible si j'étais enfermée entre quatre murs avec la pintade contaminée.

11:41 Publié dans Portraits | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Salut!
Plus je lis ton blog et plus j'ai l'impréssion que tous les deux on vient les mêmes trucs, avec pratiquement les mêmes personnes.
Il me semble que peu importe où on est sur cette planete, tarvailler dans une administration publique équivaut à être entouré de gents qui refusent de faire fonctionner leurs cérveaux, incapables de faire deux choses à la fois et qui, n'en foutent pas une, tout en criant toute la journée à qui veut bien l'entendre, qu'il se tuent à la tâche.

Écrit par : tb509 | jeudi, 29 mai 2008

Les commentaires sont fermés.