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29 février 2008

Balade

Hier, j'étais balade. J'ai appelé au boulot vers 10h, quand j'ai su à quelle heure je pourrais voir mon médecin, pour avoir un horizon à donner. Mais même à 10h15, je suis tombée directement sur le portable de Monsieur Patron, alors en réunion, qui m'a quasiment raccroché au nez ce qui se comprend.

Ce matin ça n'a pas loupé, il m'a fait un petit cours de morale sur le fait qu'il devait y avoir quelqu'un aux aurores au bureau... bah oui mais quand je suis malade, l'heure à laquelle l'assistante arrive dépend de DOM THOM ! Et dans ce cas-là c'est en général après 10h, souvent après 10h30, parfois même 11h... à partir de là pas étonnant que Monsieur Patron se soit payé un coup de chaud hier, allant chercher lui-même les gens avec qui il avait une réunion, mais aussi devant gérer le fait qu'un des convives s'était brutalement décommandé ! 

Allez savoir pourquoi je ne me suis sentie concernée qu'à moitié par ce problème...? A moitié parce que, après tout, j'arrive au plus tard à 9h30, et uniquement parce que j'essaye de rattraper mes heures supplémentaires. J'ai donc reçu en prime une injonction de prendre des jours de rattrapage fin mars ! Rha, zut, voilà des jours pour lesquels DOM THOM va devoir arriver "tôt"...

26 février 2008

Verbatim again

"Oh j'ai pas besoin de partir trop tôt ce soir... si je pars à 16h30 ça ira, j'ai 20mn de metro" (c'est pour ça que ça lui a pris 50mn pour venir ce matin)

"Nan mais finalement je vais partir un peu avant au cas où il y ait des soucis dans le metro" (départ à 16h ou 16h15, qui prend les paris qu'elle n'aura rien foutu d'ici là ?)

"Nan puis c'est la troisième fois qu'ils disent qu'ils viennent pour le gaz, à chaque fois je prends un congé et ils viennent pas" (tout s'explique, c'est la grippe GDF qu'elle a parfois...)

Faut l'entendre pour le croire, je vous jure. 

A quoi bon...

En toute logique, DOM THOM, dont la seule tâche aujourd'hui a été d'aller chercher le courrier un étage plus bas, continue à s'occuper d'affaires personnelles. Cette fois elle prendre rendez-vous pour 17h avec un type de GDF, chez elle.

Oui, aujourd'hui à 17h.

Nan, mais je dis plus rien. A quoi bon... 

Je devrais sans doute être triste pour elle

"lady, ça va pas...

- Bah moi non plus ça va pas.

- Nan mais moi c'est mon père tu sais. Je vais partir en Guadeloupe en mars.

- Ah c'est bien."

Bon, ça fait une semaine qu'elle m'en parle, quelle surprise ! Elle me raconte dans les détails l'état de santé de son père, qui est auprès de lui et qui n'y est pas, et si au début j'étais sincèrement désolée pour elle, à ce stade j'y suis devenue complètement imperméable. Il faut dire que l'entendre se plaindre à longueur de journée de ses problèmes (quoi, j'ai aussi des problèmes, moi, est-ce que je passe mes journées à rebattre les oreilles de mes collègues avec ça ? est-ce que ça m'empêche de faire mon boulot, avec le sourire, en plus ?) a fini par user ma patience et mon empathie. Quand les gens sont malheureux, j'ai envie de l'être avec eux, mais quand les gens accentuent leur air malheureux et se plaignent à longueur de temps, j'avoue que je n'ai plus envie de les plaindre, ils le font assez pour deux.

DOM THOM en rajoute constamment, et en plus, elle a la misère renfrognée. Elle n'est pas simplement triste ou préoccupée, ça la met aussi dans une humeur bougonne. Ca, plus le glandage, c'est difficile à supporter bien longtemps.

Et puis je trouve aussi particulièrement indécente cette façon d'étaler ses problèmes persos devant quelqu'un qui n'est pas une amie, mais simplement une collègue. Chaque chose à sa place. 

Pourtant à l'approche du mois de mars, je suis en première ligne pour comprendre ce qu'elle ressent, mais rien à faire, je n'y arrive plus.

Travailler, c'est pour les losers

11h15... Et tout ce qu'elle trouve à faire, c'est passer des coups de fil persos pour sa fille et ses p*tain d'attestations ASSEDIC.

Elle se moque de moi ou quoi ? Ca l'a déjà frappée qu'on était au boulot ici ? Mais comment faut lui expliquer qu'elle n'est pas là pour régler ses affaires personnelles ? Et sa fille, elle peut pas passer des coups de fil toute seule ? Elle va avoir 20 ans le mois prochain pour l'amour du ciel ! 

Et elle ose se plaindre en arrivant que ça va pas fort ? Mais au contraire, c'est carrément la belle vie ! 

Banco

Hier, j'ai fini à 19h50... Je suis vannée, lessivée, et en plus malade ce qui n'arrange rien (mais on va pas s'évanouir pour si peu, pas vrai ?). Je me dope constamment et engloutis un sirop abject qui me permet de conserver un semblant de voix. Je tiens le bon bout, comme vous le voyez...

Monsieur Patron m'a dit hier avant de partir que je pouvais arriver ce matin une heure plus tard... mais pas plus, parce que ce matin, on a un gros dossier à finir pour des grosses légumes. Donc à peine 12h après être rentrée à la maison, je devais déjà être boulot : quand on a 1h30 de transport, ça fait des nuits courtes et peu réparatrices. D'autant que hier soir, je n'en menais pas large, j'avias la tête qui tournait et je tremblais tout en crevant de chaud, j'étais pas sûre de tenir jusque chez moi, et même une fois là, je me suis réfugiée sous les couvertures où j'ai grelotté une bonne demi-heure (deux couettes, chauffage à fond) avant de trouver un semblant de confort.

Mais quelque part, je me disais que c'était pas grave. C'est que quelques mauvais jours à passer, et puis faut que j'en profite tant que j'ai encore un boulot, mon contrat se finit dans 4 mois après tout.

Mais quand, à 10h20, DOM THOM a appelé pour dire qu'elle était en train de sortir de son entretien avec le banquier (bah oui, un mardi matin, pourquoi se gêner ? mais comment font les autres, à son avis ? elle croît qu'il n'y a qu'elle qui a des choses à régler ?), j'avoue que les forces m'ont quittées. Je me suis offert 15mn de pause internet.

Parce que franchement, j'ai l'impression qu'elle ne fait pas qu'abuser, elle abuse aussi de moi. 

25 février 2008

C'est pour toi

Monsieur Patron, je vous l'ai peut-être déjà dit, envoie systématiquement tous ses mails à ses deux assistantes. D'une part parce qu'il n'a pas le temps de définir les tâches entre nous deux (on est sensées être suffisamment grandes, donc autonomes, pour gérer ce genre de contigences), et d'autre part parce qu'il y a une réelle volonté de nous tenir toutes les deux au courant de ce qui se fait (la meilleure preuve étant que lorsqu'il sait qui est en charge d'un dossier... oui, c'est-à-dire moi... il envoie quand même des copies à DOM THOM, pour info).

Aujourd'hui il s'est enfermé dans son bureau pour finir de rédiger une note ardue sur laquelle il tente de plancher depuis plusieurs jours. J'ai ordre (puisque je suis celle qui répond au téléphone, de guerre lasse j'ai arrêté de demander à DOM THOM "je décroche ou tu décroches ?", parce qu'au final c'est moi de toutes façons ; normal, celle qui est dans le bureau gagne le droit de répondre) de ne lui passer aucun appel, quel que soit l'interlocuteur. Et si c'est un interlocuteur d'importance, faut vraiment que ce soit urgent !

Pendant ce temps on a un dossier à boucler pour demain dans la matinée, très important, sur un sujet tellement brûlant que j'ai des cloques rien que d'imprimer les documents. Le genre de dossiers pour lesquels mon obligation de réserve prend réellement tout son sens. Bref, ZE DOSSIER. En huit exemplaires sinon c'est pas drôle. Donc Monsieur Patron, au fur et à mesure qu'il rédige sa note, tombe sur des documents à ajouter au brasier, et nous les envoie.

Note : je suis déjà en train de faire de la frappe pour lui (il a envie de voir si ça va plus vite si je lui fais la frappe ou s'il tape directement)

Note : je suis au téléphone d'une main, sur l'emploi du temps de Monsieur Patron de l'autre

Un mail arrive. DOM THOM interrompt ses activités (elle en avait marre de gambader et se bourrer de café, donc maintenant elle réserve ses congés bonifiés de cet été et essaye de régler ses papiers persos... d'ailleurs, verbatim de vendredi dernier pendant un moment calme pour elle, mouvementé pour moi "j'aurais dû emmener des papiers persos à faire", eh bien, elle l'a fait pour de vrai) clique sur le mail, voit que ce sont des impressions à faire, et me dit "ah, c'est pour toi". Et reprend le fil de ses non-pensées.

C'est pas le dossier qui est brûlant en cet instant. C'est mon regard. J't'en ferais du torchis, moi, de cette bonne femme... 

EDIT : 17h45 pile, elle range ses papiers persos et maugrée "bon, je rentre". Il lui a fallu dix secondes montre en main pour s'enfuir en soupirant. Elle m'écoeure.

Ode...

...à DOM THOM

 

Parce que tu as le génie pour faire des journées de 8 heures

Qui incluent 6 de pauses et 2 de labeur

Je comprends combien j'apprends à tes côtés

Sur ce que je ne veux surtout pas devenir quand je serai salariée !

 

"Et au milieu pousse un poil dans la main", ladyteruki, 2008, Plon. 

Parce que pour ce 100e post, je devais bien célébrer la malice de ma collègue qui a réellement fait deux heures de présence dans notre bureau. Vous l'aurez compris, le terme "labeur", c'est surtout pour la rime... 

Votre mission, si... euh... quelle mission ?

14h50 : les coups de fil persos en patois commencent. Volume sonore au maximum, et peu importe si je suis en ligne. Je vous ferais bien un menu des activités de DOM THOM aujourd'hui, si elle en avait, mais apparemment c'est un week end de trois jours dont je n'étais pas avertie qui se prolonge aujourd'hui.

Mais elle a quand même l'audace de soupirer à fendre l'âme et de dire qu'elle a besoin de vacances.
Elle a surtout besoin d'un bon coup de pied dans le c*l si vous voulez mon avis.

EDIT : 15h05, elle raccroche. Et me parle d'un article dans le journal interne du ministère, ainsi que de tarifs préférentiels pour un spectacle du nouvel an chinois. C'est gentil, mais le truc, c'est que je m'en fous.

Deux par deux

Retour de déjeuner à 14h10. En somme, deux heures après. Et tout ça, c'est payé.

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