06 janvier 2009
Problème de logique
Prenez vos cahiers à petits carreaux et vos crayons de papier 2B, voici un petit problème pour vous en ce début d'année.
- à l'occasion des voeux, on répond aux gens qui ont envoyé une carte (ça, c'est logique)
- on fait des étiquettes pour les enveloppes (ça aussi, c'est logique)
- on enregistre les étiquettes pour avoir une trace des personnes à qui on a répondu (là encore, c'est logique)
- toutes les adresses sont écrites à la main sur les enveloppes (là c'est plus du tout logique)
Dans ce cas pourquoi avoir fait des étiquettes ?!
Vous avez une heure.
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16 décembre 2008
C'est No-Noël !
J'ai déjà reçu mon cadeau de Noël. En fait, j'ai même été très gâtée puisque j'ai reçu plusieurs cadeaux.
Le premier m'a été délivré dans ma chaussette, et on peut dire que je l'attendais avec impatience : j'ai rendez-vous avec quelqu'un pour un poste potentiel.
Je ne m'attendais pas du tout au second : Blondie a pris son après-midi parce que, je cite "je suis pas bien" (à prononcer d'un air plaintif et avec les yeux un peu rouges). Oh, ça, ça ressemble à une maladie diplomatique. Des "je suis pas bien", j'en ai soupé tout l'an dernier avec DOM THOM. Surtout quand j'apprends que Blondie s'est frittée le matin même avec Monsieur Boléro, le patron des Patrons Invisibles, bras droit de notre ministre bien-aimé. Très diplomatique, ce retrait de Blondie, je vous le dis.
Et puis alors, le troisième cadeau, comment vous dire, c'est l'explosion, le feu d'artifice, la cerise sur le gâteau : Blondie vient d'appeler pour me dire qu'elle sera en arrêt toute la semaine. Ce qui confirme les présomptions de maladie diplomatique.
Donc voilà, je suis heureuse, et rien ne pourra nuire à mon bonheur.
PS : je veux bien quand même mon DVD de Pushing Daisies édition belge pour le 25 décembre, hein, ça, ça ne change pas.
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11 décembre 2008
C'est pas que je sois vexée, MAIS...
L'un de nos Patrons Invisibles (celui qui est certainement le plus invisible de tous) se présente dans le bureau. Blondie est en ligne. J'offre spontanément mon aide : "Je peux faire quelque chose pour vous ?".
Elle est bien éduquée cette petite.
Patron Suprinvisible secoue la tête avec un léger sourire poli et désigne Blondie. Bon. J'ai décidé de ne pas mal le prendre.
"Blondie", lui dit-il une fois qu'elle a raccroché, "j'ai besoin que vous m'appeliez de monsieur dans tel pays étranger, c'est un ancien Premier Ministre, il faut lui donner du Monsieur le Premier Ministre. Vous me l'appelez sur son portable et vous me le passez sur le mien."
Blondie compose le numéro.
Le Monsieur pas tellement important décroche.
Je vous le fais en live.
"Monsieur ... ? Monsieur, vous m'entendez ? Je vous passe Patron Suprinvisible. Allô ? Oui, Monsieur ... ? Je peux vous passer Patron Suprinvisible ? Au revoir."
Ca valait vraiment la peine de lui demander à ELLE.
Qu'il ait pu penser que je n'aurais pas fait mieux que ça, ça ne me vexe PAS DU TOUT.
PAS. DU. TOUT.
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10 décembre 2008
Blondie issue de Cujo ~ Le retour
Ouhlààààà... ya des gens qui vivent dangereusement !
Une dame, nommons-là "Miss en Sursis" aux fins de préserver son anonymat, nous appelle tous les jours depuis deux semaines pour nous demander un truc. Sauf que c'est un truc qui ne se fait pas en claquant dans les doigts (comme souvent lorsque ça implique un ministre). Nous avons tenté de lui expliquer que, bon, on la rappelle quand on a du nouveau, elle continue d'appeler quotidiennement (parfois même plusieurs fois par jour), et une fois elle s'est même pointée devant le ministère pour nous forcer la main. Bah oui cocotte, t'as raison, le ministre va te rencontrer toutes affaires cessantes ! Parce que rien n'est plus important que ta requête, non, même pas un ministère à gérer, un pays à réformer, rien !
Un vrai pitbull : elle ne lâchait rien ! Elle appelait à 13h pour dire qu'elle passait à 14, et là il fallait lui expliquer en panique qu'il ne fallait pas qu'elle se pointe, on ne pourrait pas la recevoir, que les Patrons Invisibles étaient au courant et la rappelleraient lorsqu'ils le pourraient ! Alors elle rappelait à 14h pour dire qu'elle passait à 15...
Ce matin, l'une des Patronnes Invisibles l'a contactée, mettant normalement fin à notre calvaire, mais c'était pour lui dire que le ministre n'aurait pas le temps de la recevoir, mais que si elle voulait nous envoyer un mail avec le détail de ses questions, on répondrait à sa requête par écrit...
Quelques heures plus tard, le téléphone sonne, et le numéro n'étant pas le même, on ne s'est pas méfiées. On a décroché.
Notre petite pitbull avait demandé à une de ses collègues de nous appeler pour nous reposer la même question que ces deux dernières semaines.
Parce que, tu sais, des fois que ce soit personnel, que sa tête ne nous revienne pas... on ne le lui a pas refusé la rencontre parce que le ministre est un homme un tantinet occupé, non, c'était par pur vice. Elle s'est dit que si quelqu'un d'autre demandait pour elle, ça changerait forcément quelque chose.
Eh bien non.
Et Blondie bataille au téléphone pendant 20 bonnes minutes pour lui faire comprendre que "ça va pas être possible".
Et Blondie, il faut le dire, possède une résistance à l'agacement assez minime.
D'un autre côté, quand elles seront toutes en charpille, les pitbulls, là-bas, peut-être qu'elles arrêteront de nous harceler pour avoir une réponse, et de nous harceler ensuite quand la réponse ne leur conviendra pas.
Et encore. Elles seraient capables de nous relancer depuis l'au-delà.
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05 décembre 2008
Le respect, c'est simple comme...
A force de travailler dans la communication, on prend certains réflexes. Par exemple, parfois, quand on a envie de faire passer un message à ses collègues, on imagine la forme qu'il prendrait si par exemple on en faisait des affichettes.
Voilà quelques affiches qu'il faudrait placarder au-dessus du bureau de Blondie, si ce même mur n'était pas déjà couvert de photos de Fifichérie, développées autour du slogan : "le respect, c'est simple comme..."
"Le respect, c'est simple comme ne pas parler la bouche pleine".
Illustration : une nana qui postillonne pour 10kg de madeleine au chocolat.
"Le respect, c'est simple comme respecter l'environnement sonore".
Illustration : une nana qui siffle pendant que sa collègue est au téléphone.
"Le respect, c'est simple comme parler gentillement."
Illustration : une nana qui lève les yeux au ciel ostensiblement en parlant à sa collègue.
"Le respect, c'est simple un sourire".
Self-explanatory.
Des fois j'invente de ces trucs... je sais pas où je vais chercher tout ça.
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01 décembre 2008
Me dire ça à moi
Dans le cadre de notre boulot, je vous l'ai déjà dit, on bosse avec des videos. C'est bien, comme ça, ça me change pas trop de mes activités au civil... vu que sur Teruki Paradise, c'est la spécialité maison, et sur ladytelephagy, je ne me prive pas spécialement non plus comme en témoigne le weekend passé.
Bref.
Et donc du coup, je suis, dans ces cas-là, plutôt dans mon élément.
A l'instant, je cherche une video bien précise. "On a mis la video dans le dossier", me dit Blondie, sur un ton quasiment serviable. J'ouvre donc le dossier en réseau, et la video c'est en fait un lien, un copier-coller vulgaire sous Word de l'adresse qui permet d'aller télécharger la video, tellement vulgaire qu'il faut le copier dans la barre de navigation et qu'on ne peut pas cliquer dessus. Je vois.
Et là, le lien ne marche pas. Je vois aussi.
Elle est pas débrouillarde avec l'informatique, Blondie, mais là ça dépasse tous les poncifs sur la blondeur.
Comme c'est elle qui s'est occupée de la video en question, je demande à Blondie des explications sur ce problème technique qui semble indiquer que de video, il n'y a point. Elle me dit "il faut que tu cliques sur le fichier en mpg, c'est ça la video". Elle est mignonne, primo ya pas de mpg, et ensuite je sais comment ouvrir une video quand même ! Enfin bon, la façon dont les gens vous expliquent l'informatique est en général une bonne indication de leur propre niveau...
"Il faut que tu cliques sur le fichier en mpg, c'est ça la video"...
Elle me dit ça. A moi.
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26 novembre 2008
Qui suis-je ?
Faire une nuit de 4 heures parce qu'un chat est malade, 5 euros de lessive.
S'acheter un sachet de Babybel sur le chemin du boulot parce qu'on n'a pas eu le temps de déjeuner, 4 euros (c'est un quartier cher).
Une boîte de paracétamol 1g parce qu'on a bêtement oublié ses médicaments contre la migraine, 5 euros.
Le visage d'Alpha Blondie qui se plante copieusement devant moi, ça n'a pas de prix.
Un homme politique très, genre très connu se présente dans notre bureau. Je pensais qu'elle l'avait reconnu parce que son ton s'est adouci comme c'est pas permis. Elle a dû en tous cas s'apercevoir qu'il était connu, mais pas "le remettre", comme on dit, parce qu'une fois qu'il a eu exposé sa demande (techniquement on ne bosse pas pour lui mais, hein, vous voyez le genre), elle lui propose de lui envoyer les documents voulus sur son mail.
Et là, c'est le drame.
"Et euh, votre nom, c'est...?"
Et là, l'homme politique hyper connu avec une carrière d'au moins, allez, au bas mot, 25 ans de long, qui a été très médiatisé en son temps... que même moi qui ne m'intéresse que modérément à la politique, je connais... a dû faire ce qu'il n'a probablement plus fait depuis des années... Il a décliné son identité.
Et la blonde s'est mise à fumer de rage contre elle-même, et sans doute d'autant plus que ça s'est passé devant moi.
PS : ce monsieur tient donc un nouveau record en matière d'huiles croisées depuis mon arrivée dans la fonction publique. Bon, prochaine étape, le ministre. Zut alors, ça fait trois mois que je bosse à dix mètres de son bureau, et toujours rien ! J'ai beau lorgner quand je passe à son secrétariat tous les soirs, rien de rien... un peu la honte.
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24 novembre 2008
Devant témoins
C'est la troisième fois qu'elle fait le coup.
Blondie commence par m'annoncer qu'il y a tel évènement qui se déroule tel jour, et que, attention, c'est elle qui s'en occupe, je ne regarde pas, je ne touche pas, rien, c'est à elle, vous comprenez, son précieux !
Bon. Soit. Si ça lui fait plaisir.
Une heure plus tard elle glisse qu'elle n'est pas là... le jour où se déroule l'évènement. Donc qui va galérer ce jour-là parce que Blondie aura tout géré en solo, et que comme par hasard des merdes vont tomber au dernier moment ? Je vous laisse deviner.
Comme ça, on est sûrs que lady va faire des boulettes. Avec des dizaines de journalistes comme témoins, par-dessus le marché.
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13 novembre 2008
3 sur 4 c'est déjà pas mal
Il y a certaines personnes dans ce ministère qui, comment dire ? Nous permettent de respirer en cas de grosse panique.
Ces personnes sont : les huissiers, qui trimbalent notre courrier dans les couloirs à la vitesse de l'éclair et sur demande, les hôtesses, qui filtrent les visiteurs et les font patienter quand on ne saurait quoi en faire, les services techniques, qui nous permettent d'avoir tout le matos qu'on veut, quand on veut, où on veut, et en état de marche, et la régulation, qui met à notre disposition des voitures avec et sans chauffeur pour le moindre déplacement de conseiller, sans qu'on ait besoin de faire appel à un taxi qui prendrait son temps et nous coûterait un bras.
Sans ces 4 pilliers, la vie serait probablement un Enfer d'organisation tâtillonne.
Blondie au téléphone, parlant à la régulation, il y a quelques minutes, ça donnait ça en Blondie dans le texte : "Ah, vous me rappelez sans que j'aie à vous relancer ! Vous êtes enfin devenu professionnels ?!".
Bon, disons, plus que 3 pilliers, alors.
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06 novembre 2008
Courage
Résumé des épisodes précédents : hier, Blondie m'annonce qu'il va falloir avoir une discussion entre 3 paires d'yeux. C'est là que vous vous étiez arrêtés, je crois.
Eh bien la discussion a, comment dire ? Eté mouvementée ! Elle s'est mise à m'aboyer après, furieusissime de m'être plainte, m'a mise plus bas que terre en me disant que je n'en avais rien à foutre de mon boulot, que je ne m'y intéressais pas, que je ne m'y impliquais pas (moi !), et après avoir tenté de faire preuve de diplomatie pendant un instant, j'ai tout simplement... eh bien, répondu.
Et ça a hurlé.
Et c'était odieux (de son côté de mauvaise foi, du mien de rancoeur accumulée). Ca criait, et les conseillers passaient d'un air désolé, sans rien dire, devant la porte, et au milieu de tout ça Duracel tentait d'apaiser les choses mais il fallait que ça sorte, de part et d'autre. Et c'est sorti.
Je suis sortie de là furieuse, blessée et tremblante. Je suis allée voir la responsable du personnel. J'ai demandé à partir pour un autre poste. Elle m'a dit de voir ça avec le conseiller principal cet aprem. S'il me laisse partir, elle me parlera des postes disponibles. S'il ne me laisse pas partir, elle convoquera Blondie.
Dans tous les cas, il y a une solution.
Le coeur brisé, lourd, meurtri parce que ce travail devait changer ma vie et qu'au lieu de ça... je suis rentrée chez moi et j'ai broyé du noir pendant des heures. J'ai hurlé après mes chats parce qu'ils avaient vidé le frigo. Je me suis détestée d'avoir cru que les choses s'arrangeraient juste à cause d'un travail.
Ce midi en arrivant, j'ai contemplé l'escalier qui me séparait de notre bureau, désespérée d'avoir à y retourner. Et au moment où j'allais pousser un soupir à fendre l'âme, une conseillère du service d'à côté est descendue, m'a pris l'épaule et m'a dit : "c'est bien ce que vous avez fait, vous avez du courage. Il faut qu'elle comprenne qu'elle ne peut pas agir comme ça." Elle m'a appris deux ou trois choses sur la personne qui avait mon poste avant moi.
A la suite de quoi, cette personne en question est arrivée, m'a serrée dans ses bras, et m'a dit exactement la même chose, et qu'elle, elle n'avait rien dit pendant un an avant de réussir à partir, que j'avais bien eu raison de ne pas me laisser faire.
Et que je n'étais pas seule.
Ca ne dénoue ni ma gorge ni mon estomac, mais, enfin, c'est une petite consolation quand même. Maintenant je sais me défendre... dans le fond j'ai progressé en 20 ans.
Cet après midi, je vais aller voir le conseiller principal. Et tout finira forcément par aller mieux.
14:24 Publié dans Alpha Blondie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


